Le feuilleton Zidane-Materrazzi se poursuivra devant la Fifa. La Fédération internationale de football a décidé, jeudi passé, de prendre les choses en main pour éclaircir les circonstances de l'incident entre les deux joueurs, lors de la finale de la Coupe du monde 2006 entre la France et l'Italie. L’instance mondiale a prévu une confrontation entre les deux hommes le 20 juillet à Zurich. Après avoir ouvert une enquête à l'encontre du Français, la Fifa a fait de même avec le défenseur italien, victime du coup de tête asséné par le meneur de jeu des Bleus à la 110e minute du match remporté, dimanche dernier, par la Squadra Azzurra. La Fifa va “analyser en profondeur les circonstances de l'incident”, a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Le défenseur italien Marco Materrazzi s'est rendu hier au siège de la Fifa à Zurich (Suisse) pour être entendu par la commission disciplinaire sur l'épisode du coup de tête de Zineddine Zidane en finale de la Coupe du monde de football, a-t-on constaté sur place.
Materrazzi était accompagné de son avocat et d'un responsable des relations internationales de la Fédération italienne de football, Sergio Di Cesare. Il a quitté le bâtiment le visage fermé et n'a fait aucune déclaration. Le capitaine des Bleus, Zineddine Zidane, quant à lui, devra s’expliquer entre le 18 et le 20 juillet. Soit avant la date de la confrontation prévue entre les deux joueurs, prévue le 20 juillet à la ville suisse de Zurich pour éclaircir les zones d’ombre de cette affaire. L'instance suprême du ballon rond a expliqué avoir pris cette décision après les explications de Zidane dans deux entretiens accordés aux chaînes de télévision privées Canal+ et TF1. L'ancien numéro dix avait déclaré avoir réagi à “des mots très durs” de Materrazzi visant “sa mère et sa sœur” et avait réclamé des sanctions contre lui. “Il faut sanctionner le vrai coupable, et le coupable, c'est celui qui provoque”, avait-il affirmé en présentant ses excuses “aux enfants” tout en refusant d'exprimer des regrets pour son “coup de sang”. Materrazzi a, lui, reconnu avoir “insulté” le Français, mais toujours nié avoir proféré des propos racistes.
Une version confirmée par les frères de Zidane, cités par le quotidien Le Parisien et présents avec lui, mercredi soir au siège de Canal+, qui ont assuré qu’“il n'y a pas eu de mots racistes”. Selon le code disciplinaire de la Fifa, les deux hommes ne risquent que des sanctions symboliques. Le Français pourrait être condamné à deux matches de suspension et à une amende minimale de 3 300 euros pour “voies de fait”. Il pourrait également se voir retirer son titre de meilleur joueur de la Coupe du monde, comme l'a laissé entendre, mercredi dernier, le président de la Fifa Joseph Blatter.
Quant à Materrazzi, il risque au moins deux rencontres de suspension pour “atteinte à l'honneur”, ou au moins cinq matches, une interdiction de stade et une amende d'au moins 10 000 FS (6 600 euros) pour une infraction liée au racisme.
Jacques Chirac : “On peut comprendre”
Le président français Jacques Chirac a estimé, hier, que le geste de Zineddine Zidane “n'est pas acceptable”, ajoutant toutefois qu’“on peut le comprendre”. “J'ai pour Zidane beaucoup d'admiration, d'estime et de respect, et ça ne date pas d'hier. ça m'influence probablement un peu. Son geste n'est pas acceptable, c'est évident, d'ailleurs il l'a dit avec beaucoup de courage”, a affirmé le chef de l'État français, interrogé lors d'une interview télévisée à l'occasion du 14 juillet, fête nationale. “Ce qui est sûr, c'est que pour qu'un homme comme Zidane, un homme équilibré à tous égards, ait eu une réaction de cette nature, il faut bien qu'il y ait eu quelque chose”, a-t-il ajouté.
R. S