Zidane s'excuse pour son coup de tête mais ne regrette pas
PARIS (AFP) - 12/07/2006 19h02 - Zinédine Zidane s'est excusé pour son coup de tête à l'Italien Marco Materazzi en finale du Mondial-2006 de football, mais s'est refusé à regretter explicitement ce geste, affirmant avoir été insulté avec "des mots très durs" qu'il n'a pas dévoilés, mercredi sur Canal+.
"Je m'en excuse auprès des enfants qui ont regardé cela, a déclaré le meneur de jeu français au cours d'un entretien à la chaîne cryptée, retransmis en léger différé. Mon geste n'est pas pardonnable (...) Bien sûr que ce n'est pas un geste à faire. Je tiens à le dire haut et fort parce que cela a été vu par deux-trois milliards de téléspectateurs et des millions et des millions d'enfants qui ont regardé cela."
"Forcément, auprès d'eux, je m'en excuse, a ajouté Zidane qui a pris sa retraite à l'issue de la rencontre perdue par la France (1-1, 5-3 t.a.b). Et aussi aux personnes et aux éducateurs qui sont là pour éduquer ces enfants et leur montrer les choses à faire et à ne pas faire."
Le joueur, qui a pris sa retraite à l'issue du Mondial-2006, a toutefois indiqué "ne pas regretter" le coup de tête qui a provoqué son exclusion à la 110e minute de la rencontre.
"Je ne peux pas regretter mon geste car cela voudrait dire qu'il avait raison de dire tout cela, a-t-il expliqué. Je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas dire cela. Et non, il n'a pas raison de dire ce qu'il a dit."

Interrogé par Michel Denisot sur la teneur exacte des propos de Materazzi, Zidane a indiqué que "c'étaient des choses très personnelles. Cela touche à la maman, à la soeur. Vous les écoutez une fois, vous essayez de partir. C'est ce que je fais parce que je m'en vais en fait. Vous écoutez deux fois, et puis la troisième fois..."
La question de savoir si les insultes étaient à caractère raciste ne lui a pas été posée. Zidane a refusé de dévoiler avec précision ce qu'avait dit Materazzi.
Il a été interrogé pour savoir si la réalité "recoupait" ce qu'avaient rapporté les tabloïds anglais qui, s'appuyant sur des spécialistes en lecture labiale, ont accusé l'Italien d'avoir dit: "On sait tous que tu es le fils d'une pute terroriste". Zidane a juste répondu: "Ben oui".
Meilleur joueur de la Coupe du monde par la Fédération internationale (Fifa), un titre honorifique dont le président Sepp Blatter n'a pas exclu de le priver, Zidane est revenu sur les circonstances exactes de l'incident survenu à la 110e minute de la rencontre qui a provoqué son expulsion.
"Il n'y avait pas de contentieux avant (avec les Italiens) même s'il y avait des frictions avec des joueurs, a-t-il indiqué. C'est le jeu, c'est comme cela de toute façon depuis toujours, notamment dans une finale de Coupe du monde. C'est juste au moment où il y a ce tirage de maillot. Je lui dis de s'arrêter de me tirer le maillot. Que s'il le veut, je le change à la fin du match."
"Là il dit des mots, des mots qui sont très durs et il le répète plusieurs fois, a ajouté Zidane. Des mots qui sont parfois plus durs que les gestes. C'est quelque chose qui, de toute façon, se fait très vite. Ce sont des mots qui me touchent au plus profond de moi."
Zidane a précisé qu'il se rendrait devant la commission de discipline de la Fifa, qui a ouvert une enquête sur son geste, mais a aussi réclamé des sanctions contre Materazzi.
"Ce que j'ai envie de dire c'est que l'on parle toujours de la réaction. Forcément elle est punissable et elle doit être punie. Mais s'il n'y a pas provocation, il ne peut pas y avoir une réaction. Il faut sanctionner le vrai coupable, et le coupable, c'est celui qui provoque."
"Est-ce que vous croyez, vous, dans une finale de Coupe du monde comme cela, alors que je suis à dix minutes de la fin de ma carrière, que je vais faire un geste comme cela parce que cela me fait plaisir?"
Mondial: Zidane va livrer sa vérité sur son coup de tête
PARIS (AFP) - 12/07/2006 10h15 - Zinédine Zidane devrait donner, mercredi soir sur Canal Plus, sa version des raisons qui l'ont conduit à asséner un violent coup de tête sur le torse de Marco Materazzi dimanche à la fin de la finale du Mondial de football perdue par la France face à l'Italie.
Si Materazzi a reconnu avoir proféré une "insulte" juste avant le coup, la gravité de ses propos reste sujette aux allégations les plus contradictoires.
Etaient-ils semblables à ceux que s'échangent les joueurs sur tous les stades du monde et à tous les niveaux sans que cela porte généralement à conséquence, ou avaient-ils une connotation raciste ou islamophobe?
Les explications sont attendues en France, mais aussi dans de nombreux pays, tant l'attitude du capitaine des Bleus a suscité l'incompréhension.
Pour l'heure, le Français est le seul à blâmer, aux yeux de la Fédération internationale de football (Fifa), l'unique concerné par l'enquête disciplinaire qu'elle a diligentée mardi. Son président Sepp Blatter n'a pas exclu un retrait du titre de meilleur joueur du Mondial attribué à Zidane.
Cependant, victime dimanche soir, le grand Materazzi a vu mardi son cas commencer à être instruit par les médias internationaux et des politiques, tandis que Zidane recevait l'appui de son public (61% le pardonnent, 52% comprennent son geste selon un sondage) mais aussi, ostensiblement, des plus hautes autorités françaises.
Venu le premier à son secours dès dimanche soir, Jacques Chirac lui a fait part lundi de "l'admiration et de l'affection de la nation toute entière" tandis que le Premier ministre Dominique de Villepin jugeait mardi que Zidane "restera un exemple".
Mais ce qu'a dit Materazzi à Zidane peut-il expliquer que celui-ci, subitement, "pète les plombs"?
Le joueur de l'Inter Milan a reconnu mardi avoir proféré une insulte, la justifiant par l'"arrogance" du Français. Sans donner de détail, Materazzi a toutefois relativisé la gravité de ses propos: c'était "une insulte de celles qu'on s'entend dire des dizaines de fois et qui nous échappent souvent sur le terrain".
La presse britannique, assurant s'appuyer sur des experts de la lecture sur les lèvres, affirme que Materazzi aurait dit à Zidane, tandis que les deux hommes marchaient l'un à côté de l'autre: "On sait tous que tu es le fils d'une pute terroriste".
Faux, répond Materazzi qui, à l'en croire, ne sait "même pas ce que c'est un terroriste islamiste" et ne peut avoir mis en cause la mère de Zidane parce que pour lui "la maman est sacrée".
Zidane semble déjà s'être expliqué auprès de ses équipiers. Lilian Thuram n'a pas souhaité dévoiler mardi ce que leur capitaine leur a raconté.
Mais les propos de cet homme très engagé dans la lutte contre le racisme dans le football, qu'il a toujours dénoncé publiquement et vigoureusement, notamment en Italie, semblent de nature à relativiser la gravité de ce qu'a vraiment dit Materazzi: "Ce n'est pas le plus important", a assuré Thuram. Selon lui, c'est Zidane qui est "tombé dans le piège des joueurs italiens".
Mardi, la presse italienne rappelait la réputation de joueur provocateur et parfois violent de Materazzi. Mais en matière de réputation, Zidane a aussi la sienne: celle d'un joueur impulsif souvent exclu pour ses coups de sang.
La polémique n'a en tous les cas pas l'air d'inquiéter Materazzi qui est monté sur scène à Milan lors d'un concert des Rolling Stones. "Materazzi et Keith Richards (ndlr: opéré de la tête après une chute) ont un point commun", a plaisanté Mick Jagger. "Ils ont eu tous les deux des problèmes de tête".
source: TV5
Selon Blatter, Zidane pourrait perdre son titre de meilleur joueur

ROME (AFP) - 12/07/2006 08h23 - Le président de la Fédération internationale de football (Fifa) Sepp Blatter a laissé entendre à la presse italienne que Zinedine Zidane pourrait se voir retirer son titre de "meilleur joueur" du Mondial après son coup de tête contre l'Italien Materazzi en finale dimanche.
Interrogé mercredi par le quotidien italien La Repubblica sur l'éventualité que l'on prive le capitaine de l'équipe de France de ce titre, le patron de la FIFA a répondu: "Avant de prendre une quelconque décision, j'attends l'issue de l'enquête" disciplinaire annoncée mardi par la Fifa. La désignation lundi de Zidane comme meilleur joueur du Mondial par la Fifa a posé une nouvelle fois le mode de fonctionnement de ce trophée, puisque les votes ont pour leur très grande partie été enregistrés avant la finale et donc avant le violent coup de tête asséné par le Français au défenseur italien Marco Materazzi. "Le vainqueur de ce prix, ce n'est pas la Fifa qui le désigne, mais une commission internationale de journalistes. Cela dit, le comité exécutif de la FIFA a le devoir d'intervenir quand il relève des comportements contraires à l'éthique du sport", a expliqué M. Blatter au quotidien italien. "C'est pour cela que j'ai donné l'ordre à notre section disciplinaire d'ouvrir une enquête sur cette épisode", a-t-il ajouté. source:TV5





















